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Le son du grisli

Homo Sacer, The Lie & the Orphanage, Hellstorm, Bagatellen… C’est, à chaque fois, faire l’expérience de Martin Küchen seul. Et faire l’expérience de Martin Küchen seul, c’est entendre des sons qui ne sortent que de lui, d’un musicien que l’histoire inspire, voire tourmente – nous passerons sur ce « secret » tamponné en couverture. Mais malgré l’ancrage, la question reste entière : qu’ont à faire ensemble la poésie et la réalité ? Dire de quoi ce disque est composé serait forcément le trahir. Le saxophoniste n’en propose pas moins : « scrunching », « breathing »… Contentonsnous des faits : le 10 mai 2016, Küchen enregistrai le disque qui nous intéresse dans la crypte de l’impressionnante cathédrale de Lund, au Danemark, en compagnie de Jakob Riis. Si les bruits alentour sont les bienvenus, ils ne changeront rien aux idées du souffleur : une mélodie-fantôme descend une pente que d’autres qu’elle (souffle blanc, sifflements, ricochets…) remonteront. Est-ce une question de géographie ?

Car Küchen semble ici remonter l’avenue Karl Johan jadis peinte par Edvard Munch (voir édito du son du grisli #4) : seul contre tous, il siffle pour se donner un peu de contenance mais n’est pas à l’abri de voir son propos gangrené par une onde (radio, notamment : au son d’un air d’opéra qui passait par là). Récalcitrant, voilà qu’il visse, dévisse, déraille. L’important étant qu’il ait repris son souffle, et qu’il en fasse bon

usage. Au point de faire de Liber Heiland, lass uns sterben l’un de ses disques les plus touchants.